SFNEP

Breadcrumbs

Actualité de la SFNEP

Sarcopénie

Comment expliquer la survenue de la sarcopénie, et comment la prévenir ?

Pr Yves BoiriePr Yves Boirie, Laboratoire de Nutrition Humaine, INRA, Clermont-Ferrand

 




La sarcopénie (diminution de la masse et de la fonction musculaire) débute progressivement après 55 ans ou plus tôt lorsqu’une maladie chronique existe. On estime à 30 % la perte musculaire entre 20 et 80 ans mais elle peut être très variable et peu prédictible cliniquement. La sarcopénie, considérée comme un problème de santé publique, est l’une des plus importantes causes d’invalidité chez la personne âgée en raison des effets pléiotropiques du muscle sur la santé. Pourtant, son impact est encore mal évalué, notamment en raison du manque de mesures simples et fiables de la masse et de la fonction musculaire.


La sarcopénie implique de nombreux facteurs étiopathogéniques. Au niveau musculaire, le vieillissement entraîne une diminution de la proportion de fibres de type II (fibres rapides glycolytiques), de cellules satellites, et de la synthèse de protéines mitochondriales et myofibrillaires. Plusieurs mécanismes ont été proposés : perte des unités motrices alpha de la moelle épinière, modification de la production d’hormones et de cytokines, baisse de la vitesse de conduction neuronale, dommages oxydatifs, ou diminution de la sensibilité aux hormones. Une des pistes nutritionnelles la plus avancée est la présence d’une « résistance anabolique » à l’effet des nutriments, et notamment à l’ingestion des protéines alimentaires, capable de limiter leur impact sur la synthèse de nouvelles protéines musculaires. De fait la dénutrition et l’inactivité sont des facteurs aggravants la perte musculaire. La sarcopénie représente donc un risque majeur de perte d’autonomie et de désocialisation par son implication sur la perte de la motricité qui augmente l’inactivité et les risques de chutes et de fractures. Sur le plan métabolique, la fonte musculaire s’accompagne aussi d’une augmentation de l’adiposité, de la résistance à l’insuline et d’une diminution de la densité osseuse. 


Plusieurs études ont montré qu’il existait des moyens nutritionnels de ralentir la progression de la sarcopénie. Parmi eux, la quantité quotidienne de protéines, leur qualité, le rythme journalier de leur distribution, des exercices physiques de résistance et d’endurance peuvent améliorer la fonction musculaire. De nouvelles données ont montré que la combinaison d’une prise en charge nutritionnelle et d’un programme d’activité physique adapté pouvait avoir un effet significatif sur le renouvellement des protéines musculaires, une stratégie qui demande à être testée sur le long terme et une large population chez les personnes âgées. Enfin, des études récentes ont souligné que d’autres approches thérapeutiques combinant les approches nutritionnelles, physiques, pharmacologiques et hormonales pouvait limiter la survenue de la sarcopénie. 



Pour en savoir plus : 

Bauer J, Biolo G, Cederholm T, Cesari M, Cruz-Jentoft AJ, Morley JE, Phillips S, Sieber C, Stehle P, Teta D, Visvanathan R, Volpi E, Boirie Y. Evidence-based recommendations for optimal dietary protein intake in older people: a position paper from the PROT-AGE Study Group. J Am Med Dir Assoc. 2013 Aug;14(8):542-59
Walrand S, Guillet C, Salles J, Cano N, Boirie Y. Physiopathological mechanism of sarcopenia. Clin Geriatr Med. 2011 Aug;27(3):365-85
Cruz-Jentoft AJ, Baeyens JP, Bauer JM, Boirie Y, Cederholm T, Landi F, Martin FC, Michel JP, Rolland Y, Schneider SM, Topinková E, Vandewoude M, Zamboni M; European Working Group on Sarcopenia in Older People. Sarcopenia: European consensus on definition and diagnosis: Report of the European Working Group on Sarcopenia in Older People. Age Ageing. 2010 Jul;39(4):412-23


www.nutritionclinique.fr

Un portail grand public est spécifiquement ouvert aux patients, et à leurs proches, concernés par la nutrition clinique. Il contient des informations pratiques, accessibles et validées par les experts de la SFNEP.

Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme