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Nutritionniste, c’est quoi au juste ?

JDP Paris 2014A question naïve, réponse naïve : un professionnel de la nutrition !

Derrière cette évidence, se cache en réalité un grand vide légal dans lequel s’engouffrent avec volupté et esprit de lucre nombre de charlatans, d’illuminés ou d’honnêtes convaincus des bienfaits d’une approche nutritionnelle donnée.


 Malheureusement, le grand public n’est pas au courant de l’absence de définition légale, ni de l’absence d’épreuve de validation des compétences. Dès lors, n’importe quel quidam peut aller se faire imprimer une plaque professionnelle, des cartes de visites, du papier à lettre ou des tampons de « nutritionniste »  sans enfreindre aucun règlement, et attirer une clientèle nombreuse et crédule.

Certains ont cru bon – et rentable - de lancer des formations et de décerner des titres aussi ronflants que fallacieux de nutritionniste, ou de « nutrithérapeute » ou encore de « chrononutritionniste » ou de « « morphonutritionniste ». Ces diplômes sont octroyés après quelques heures de cours théoriques prodigués parfois dans des amphithéâtres d’universités ou dans des hôtels-clubs du pourtour méditerranéen en saison creuse. Rien de tout cela n’est illégal, puisqu’aucune définition officielle, ni aucune protection de ces professions n’existe. En revanche, la demande est croissante et bien entretenue : nourriture saine, bio, régimes amaigrissants, détoxifiants, remportent un grand succès dans le public. Déjà notre aïeul Hippocrate aurait dit « Que ta nourriture soit ton médicament ». Cet amalgame ancestral entre bien se nourrir et se soigner perdure encore aujourd’hui. En anglais, les termes « to care » (prendre soin) et « to cure » (soigner) ne diffèrent que d’une voyelle, de quoi encore ajouter à la confusion !

Que faire pour protéger les professionnels de la santé qui ont été formés de manière rigoureuse et scientifique à la nutrition, comment vaincre les ténèbres du charlatanisme cupide? Certaines associations professionnelles de diététiciens ont rédigé une charte, à laquelle il faut adhérer pour porter le titre  de « diététicien-nutritionniste ». Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, une liste exhaustive de compétences requises et une liste des professions donnant accès à une spécialité en nutrition ont été dressées par les autorités. En France comme en Belgique, il existe des diplômes ou des certificats interuniversitaires en nutrition, accessibles aux professionnels de santé, et dont le programme est validé par les autorités académiques, sans droit à une reconnaissance légale pour autant.

Toutes ces initiatives sont louables, mais en aucun cas suffisantes à protéger la population ni à promouvoir la rigueur scientifique requise pour la pratique de la  nutrition, comme des autres spécialités médicales ou paramédicales. Il y va de notre crédibilité et de notre avenir de convaincre les autorités compétentes de l’urgence de légiférer en matière de protection des diététiciens, bio-ingénieurs de l’agro-alimentaire, pharmaciens en charge de la préparation de parentérales, médecins généralistes ou spécialistes, infirmiers, et autres professionnels de santé qui font l’effort d’étudier et de pratiquer la nutrition comme une discipline scientifique, et non comme une source de revenus faciles.

Pr Jean-Charles Preiser
Vice-Président du Conseil d’administration de la SFNEP


 

www.nutritionclinique.fr

Un portail grand public est spécifiquement ouvert aux patients, et à leurs proches, concernés par la nutrition clinique. Il contient des informations pratiques, accessibles et validées par les experts de la SFNEP.

Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme

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